Le TDAH chez l’enfant et l’ado
Chez un enfant, le TDAH se voit d’abord dans le quotidien : à la maison, en classe, avec les copains. Voici ce qui se manifeste, ce que la Haute Autorité de santé (HAS) recommande pour le diagnostic, et ce qui change à l’adolescence.
À la maison et à l’école
L’Assurance Maladie décrit un enfant qui, à la maison, n’arrive pas à regarder un film tranquillement, grimpe partout, ne reste pas en place. À l’école, il ne suit pas les consignes et se tortille sur sa chaise. Mais le TDAH ne se voit pas toujours ainsi.
La HAS cite aussi les signes que le personnel scolaire remarque souvent : l’enfant paraît très rêveur, a du mal à se concentrer, à s’organiser et à être autonome, a une mémoire à court terme fragile, et ses résultats varient. Ces signes ne suffisent pas à parler de TDAH : seul un médecin peut le dire. Et un enfant calme peut être concerné autant qu’un enfant qui bouge.
La HAS insiste sur un point : chez l’enfant, l’agitation ou le manque d’attention peuvent être des traits de caractère ou une réaction à un stress. Avant d’évoquer un TDAH, on regarde la durée (plus de 6 mois), la fréquence, la présence dans plusieurs milieux de vie et le poids sur la vie de l’enfant. L’Assurance Maladie ajoute qu’avant 5 ans, ces signes relèvent souvent d’un développement normal.
Ce que dit la HAS en 2024
Le 23 septembre 2024, la HAS a publié une recommandation de bonne pratique sur le diagnostic et la prise en charge du TDAH chez l’enfant et l’adolescent. Elle décrit le parcours.
Le diagnostic repose sur un entretien avec l’enfant et ses parents, pour évaluer son développement dans toutes ses dimensions. Un entretien est ensuite mené avec l’enfant seul, sur sa façon de vivre et de surmonter ses difficultés. Il comprend aussi un examen clinique et un recueil d’informations auprès de l’entourage : la famille, l’école, le périscolaire. La HAS recommande au moins une consultation en face à face, pour l’examen clinique. Il n’existe aucun examen de sang ni aucun marqueur biologique du TDAH.
Pour l’accompagnement, la HAS recommande en premier des interventions sans médicament : la psychoéducation, c’est-à-dire une information structurée pour que l’enfant et ses parents comprennent le trouble, et l’accompagnement scolaire, avec des aménagements. En complément, si besoin et selon la gravité, un traitement médicamenteux peut être prescrit par un médecin.
Qui pose le diagnostic
Le médecin traitant ou le pédiatre est le premier interlocuteur. La HAS lui donne un rôle précis : repérer, engager la démarche, et orienter si besoin vers un médecin spécialiste du trouble. Ce spécialiste peut être pédopsychiatre, psychiatre, pédiatre, neuropédiatre ou neurologue, formé au TDAH.
Aujourd’hui en France, seuls les pédiatres, les psychiatres et les neurologues pour enfants posent le diagnostic. La HAS constate qu’ils sont peu nombreux et inégalement répartis, ce qui allonge les délais. Elle demande aux pouvoirs publics de former d’autres médecins, dont des généralistes, pour que plus de familles soient reçues plus vite.
Un questionnaire rempli par les parents ou l’enseignant est un outil du médecin, pas un diagnostic. Seul un médecin formé peut dire s’il s’agit d’un TDAH.
L’adolescence
La HAS décrit ce qui change. L’inattention persiste, et ses effets sont plus lourds, parce que la vie scolaire et quotidienne demande de plus en plus d’attention et de tâches complexes. L’hyperactivité motrice tend à s’atténuer. L’impulsivité, elle, demeure et peut pousser à prendre des risques.
L’Assurance Maladie le résume ainsi : le TDAH persiste à l’adolescence en se modifiant : moins d’hyperactivité, autant d’impulsivité et d’inattention. Et près d’un jeune sur deux présente encore des manifestations à l’âge adulte.
À cet âge, la HAS recommande que l’entretien ait lieu aussi avec l’adolescent seul. Son regard sur ses difficultés compte.
Les filles, moins repérées
Dans les études chez l’enfant, le TDAH est deux fois plus fréquent chez les garçons que chez les filles. Mais la HAS précise que chez les filles, le trouble semble moins bien repéré et moins souvent diagnostiqué : leurs signes sont plus difficiles à identifier.
Chez elles, la manifestation la plus fréquente est le trouble de l’attention, alors que chez les garçons, c’est souvent la combinaison des trois dimensions. L’Assurance Maladie fait le même constat. Une fille calme et rêveuse passe plus facilement inaperçue qu’un garçon qui bouge.
Et l’école
La HAS recommande d’intégrer l’école à l’accompagnement, avec l’accord de l’enfant et de ses parents : préparer l’arrivée de l’élève, expliquer le trouble à l’équipe éducative, mettre en place des aménagements comme des consignes courtes et claires, ou un exercice à la fois.
Les aménagements prévus par l’école en France sont expliqués dans la section Famille : L’école : PAP, PPS, MDPH.
Sources
- TDAH de l’enfant et adolescent : former plus de professionnels pour réduire les délais de prise en charge, Haute Autorité de santé, 2024
- Conduite à tenir en médecine de premier recours devant un enfant ou un adolescent susceptible d’avoir un TDAH, Haute Autorité de santé, 2014
- TDAH : repérer la souffrance, accompagner l’enfant et la famille, questions-réponses, Haute Autorité de santé
- TDAH : symptômes, diagnostic et évolution, Assurance Maladie (ameli.fr)
- Comprendre le TDAH, Assurance Maladie (ameli.fr)