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Comprendre le TDAH

Les idées reçues sur le TDAH

On entend beaucoup de choses sur le TDAH. Certaines sont fausses, d’autres à moitié vraies. Voici huit idées reçues, et ce que les sources en disent.

« C’est une mode »

L’Inserm rappelle que le TDAH est décrit dans la littérature médicale depuis la fin du XVIIIe siècle, et qu’il n’est pas une conséquence de l’exposition des enfants aux écrans. En 2021, la Fédération mondiale du TDAH a publié un consensus qui rassemble les connaissances scientifiques solides sur le trouble. Ce consensus répond au reproche de « diagnostic à la mode » qu’on entend parfois. En France, la Haute Autorité de santé (HAS) lui consacre des recommandations depuis 2014.

« C’est un manque d’éducation ou de volonté »

Non. Le ministère chargé du handicap écrit que le TDAH n’est causé ni par un manque d’éducation, ni par un manque de volonté, ni par un défaut d’intelligence. L’Assurance Maladie précise qu’il n’est pas lié à un « contexte familial défaillant », à un stress psychologique ni à un manque de volonté d’apprendre. C’est un trouble du neurodéveloppement, associé selon l’Inserm à de légères différences dans la structure et le fonctionnement du cerveau.

« Ça disparaît à l’âge adulte »

Pas pour tout le monde. La HAS parle d’un trouble chronique qui peut persister à l’âge adulte. Selon l’Assurance Maladie, près d’un jeune sur deux présente encore des manifestations une fois adulte. Ce qui change, c’est la forme : moins d’agitation visible, plus de difficultés d’organisation. Les estimations chez l’adulte tournent autour de 2,5 à 3 % de la population.

« Les filles ne sont pas concernées »

Elles le sont, mais on les repère moins. Dans les études chez l’enfant, le TDAH est deux fois plus fréquent chez les garçons. La HAS précise que chez les filles, il semble moins bien repéré. Leurs signes sont plus difficiles à identifier : chez elles, c’est surtout l’inattention qui domine, sans agitation. L’Assurance Maladie fait le même constat.

« Hyperactif veut dire qui bouge tout le temps »

Le nom complet est « trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité ». Selon la HAS, environ 30 % des enfants diagnostiqués ont surtout un trouble de l’attention, sans hyperactivité marquée. Et l’hyperactivité motrice tend à s’atténuer avec l’âge. Un adulte TDAH peut donc être parfaitement calme en apparence.

« C’est juste de la distraction »

Tout le monde est distrait de temps en temps. La HAS rappelle que chez l’enfant, l’agitation ou le manque d’attention peuvent être des traits de caractère ou une réaction à un stress. On parle de TDAH seulement quand les signes durent plus de 6 mois, se retrouvent dans plusieurs milieux de vie et ont des effets réels sur la vie scolaire, sociale et familiale. La différence vient de la durée et de l’ampleur des difficultés.

« Ça se voit tout de suite »

Au contraire. La HAS écrit que le TDAH est un trouble difficile à repérer, ce qui conduit souvent à un retard, voire à une absence de diagnostic. Il n’existe aucun examen biologique pour le confirmer. D’autres troubles lui ressemblent, et d’autres lui sont souvent associés, ce qui brouille le tableau. C’est pour cela que le diagnostic demande une évaluation rigoureuse par un médecin formé.

« Un test en ligne suffit »

Non. Le diagnostic est clinique : un entretien avec la personne (et ses parents pour un enfant), un examen clinique, des informations recueillies auprès de l’entourage. Les questionnaires existent, mais la HAS les décrit comme des outils que le médecin utilise pour guider sa démarche. Si tu te poses des questions, tu peux en parler à un médecin.

Sources