Le TDAH, c’est quoi
Le TDAH est un trouble du neurodéveloppement. Il touche l’attention, et parfois l’agitation et l’impulsivité. Il n’a rien à voir avec la volonté ni avec l’éducation.
Un nom long pour quatre lettres
TDAH veut dire « trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité ». La Haute Autorité de santé (HAS) le classe parmi les troubles du neurodéveloppement. En clair : le cerveau s’est construit un peu différemment, dès l’enfance, et cela change la façon de gérer l’attention, l’impulsion et l’activité.
Selon l’Inserm, ce trouble est décrit dans la littérature médicale depuis la fin du XVIIIe siècle. Les écrans n’en sont pas la cause.
Trois dimensions qui se combinent
Le TDAH associe trois dimensions : l’inattention, l’hyperactivité et l’impulsivité. Leur intensité varie d’une personne à l’autre, et elles ne sont pas toujours toutes présentes.
Chez les enfants diagnostiqués, la HAS donne un ordre de grandeur : environ 30 % ont surtout un trouble de l’attention, 30 % surtout de l’hyperactivité et de l’impulsivité, 30 % les trois à la fois. Le nom le dit : « avec ou sans hyperactivité ». Une personne peut avoir un TDAH sans jamais bouger plus que les autres.
Ces dimensions évoluent avec l’âge. La HAS note que l’agitation motrice tend à s’atténuer en grandissant, alors que l’inattention persiste et que l’impulsivité demeure.
Ce que ce n’est pas
Le TDAH n’est pas causé par un manque d’éducation, de volonté ou d’intelligence. Le ministère chargé du handicap l’écrit. L’Assurance Maladie ajoute qu’il n’est pas lié à un stress psychologique ni à un « contexte familial défaillant ».
Une période difficile peut aussi rendre distrait ou agité. La HAS rappelle que chez l’enfant, l’agitation ou le manque d’attention peuvent être des traits de caractère ou une réaction à un stress, comme une période de transition. On parle de TDAH seulement quand les signes durent (plus de 6 mois), se retrouvent dans plusieurs milieux de vie et pèsent vraiment sur le quotidien.
Quelques repères chiffrés
Selon la HAS, le TDAH concernerait environ 5 % des enfants et des adolescents dans le monde. Chez l’adulte, les estimations vont de 2,5 à 3 % de la population, selon le Sénat, l’Inserm et l’Assurance Maladie. En France, cela représente environ 2 millions de personnes, selon la même note du Sénat.
Le trouble ne s’arrête pas à 18 ans. D’après l’Assurance Maladie, près d’un jeune sur deux présente encore des manifestations à l’âge adulte.
Dans les études chez l’enfant, le TDAH est repéré environ deux fois plus souvent chez les garçons que chez les filles. La HAS précise que chez les filles, il semble moins bien repéré, parce que leurs signes sont plus difficiles à identifier.
Qui pose le diagnostic
Seul un médecin peut poser un diagnostic de TDAH. En France, la HAS indique qu’aujourd’hui ce sont les pédiatres, les psychiatres et les neurologues pour enfants qui le posent. Elle demande que d’autres médecins formés, dont des généralistes, puissent le faire aussi, pour réduire les délais.
Le diagnostic est clinique. Il repose sur un entretien avec la personne (et ses parents quand il s’agit d’un enfant), un examen clinique et des informations recueillies auprès de l’entourage, par exemple l’école. Il n’existe aucune prise de sang ni aucun marqueur biologique qui confirme un TDAH.
Si tu te poses des questions, pour toi ou pour un proche, tu peux en parler à un médecin. Il t’orientera, si besoin, vers un spécialiste.
Sources
- TDAH de l’enfant et adolescent : former plus de professionnels pour réduire les délais de prise en charge, Haute Autorité de santé, 2024
- TDAH : repérer la souffrance, accompagner l’enfant et la famille, questions-réponses, Haute Autorité de santé
- Minute d’attention : c’est quoi le TDAH ?, Inserm, 2026
- Comprendre le TDAH, Assurance Maladie (ameli.fr)
- TDAH : symptômes, diagnostic et évolution, Assurance Maladie (ameli.fr)
- 12 juin 2026 : journée nationale de sensibilisation au TDAH, ministère chargé du handicap, 2026
- L’essentiel sur la proposition de loi relative au TDAH, Sénat, 2022