Le temps qui file
L’échéance est dans 3 semaines, donc loin. Puis elle est demain, d’un coup. Entre les deux, on n’a pas vu le temps passer.
Loin, puis tout de suite
Un dossier à rendre, une déclaration, un cadeau à commander. La date est connue. Tant qu’elle est loin, elle ne pèse rien. Puis elle arrive, et tout se fait dans l’urgence, souvent la veille.
Des personnes TDAH décrivent ce passage sans transition. HyperSupers TDAH France parle d’une notion du temps qui s’altère quand une distraction prend le dessus, et d’un « j’ai le temps » qui devient « demain », jusqu’à quelques heures de l’échéance. Dans un article de l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) sur le TDAH au travail, les auteurs notent que des adultes TDAH peuvent avoir du mal à estimer le temps nécessaire pour une tâche, ce qui entraîne des retards et des problèmes d’horaires.
Le temps lointain se perçoit mal : on ne le ressent pas, alors il semble ne pas exister encore. Cela se compense avec des repères visibles.
Rendre le temps visible
Ce qu’on ne ressent pas, on peut le voir.
- Un minuteur qui tourne sur la table montre le temps qui reste, pas seulement l’heure.
- Une horloge à aiguilles rend la durée visible, comme une portion du cadran. Un chiffre sur un écran ne bouge pas de façon lisible.
- Une échéance posée sur un calendrier papier, avec les jours entre aujourd’hui et la date, montre ce qui reste vraiment. 3 semaines, c’est 15 jours de travail, moins ceux qui sont déjà pris.
- Des marges. On note l’échéance 2 ou 3 jours avant la vraie date. L’INRS cite les rappels électroniques et les outils de gestion du temps parmi les solutions possibles au travail.
Estimer, puis mesurer
Avant de commencer une tâche, on écrit combien de temps elle va prendre. Puis on la fait, avec un minuteur, et on note le temps réel. L’écart est souvent grand. Ce n’est pas grave : c’est l’information qui manquait.
Après quelques fois, les estimations se corrigent d’elles-mêmes. « Ranger la cuisine » devient « 20 minutes », pas « 5 ». « Répondre aux messages » devient « 1 heure ». On planifie avec des durées connues.
Prévoir la transition
Entre deux activités, il y a un temps qui n’est compté nulle part. Fermer ce qu’on faisait, ranger, se déplacer, retrouver où on en était. Ce temps existe, et il est souvent absent de l’agenda. Si la transition prend 20 minutes, une heure entre deux rendez-vous devient 40 minutes utiles.
Prévoir la transition, c’est la noter. 10 minutes entre deux tâches, 15 avant un départ. Une alarme avant la fin de l’activité en cours, pas à l’heure de la suivante. On a le temps de finir, puis de changer.
Le temps lointain est difficile à voir
Des échéances arriveront quand même d’un coup. Les outils en réduisent le nombre, sans le ramener à zéro. Le temps se perçoit mal quand il est loin. Le rendre visible le rapproche.